UNE COMMUNICATION AUX MULTIPLES FACETTES

 

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La communication visuelle

 

Seules certaines espèces comme Salticides et Lycosides qui ont un mode de vie solitaire, utilisent ce mode de communication. Le mâle des araignées sauteuses (Salticidae) ont d'énormes yeux : deux paires pointées vers l'avant et deux autres regardant de côté.

photo d'une Salticidae

L'araignée utilise ces yeux pour identifier les objets dont elle fixe l'image dans la partie centrale de la rétine avant de « l'effacer » en bougeant la rétine. On sait que les Salticides reconnaissent les formes mais restent insensibles aux rayonnements infrarouges (de nuit ces animaux ne peuvent pas voir).

 

Cette communication conduit à des signaux visuels qui sont effectués et interprétés entre congénères. Par exemple les mâles de lycosides exécute une chorégraphie plus ou moins complexe en gesticulant leurs pattes et pédipalpes.

 

On retrouve également la communication visuelle dans le comportement d'intimidation. En effet les Lycosides émettent des signaux de menace en dressant leurs pattes antérieures en forme de V, les animant de mouvements verticaux alternatifs. Ces signaux de menace ont pour effet d'entraîner, le retrait de l'un des protagonistes et assurent ainsi une répartition des individus dans l'espace, favorable à la capture des proies.

 

Vous l'aurez compris, pour les araignées tisseuses, la vision est beaucoup moins développée et donc intervient peu.


La communication acoustique-vibratoire

 

Il y a deux méthodes de production sonore :


  •  La stridulation :


Les organes stridulants se situent en divers endroits du corps, là où il peut y avoir frottement de deux pièces chitineuses, rencontrés surtout chez les mâles.


Une araignée peut émettre des sons en frottant soit son abdomen contre son céphalothorax, soit un appendice contre un autre (patte contre patte, pédipalpe contre patte, chélicère contre pédipalpe, ou chélicère contre chélicère), soit un appendice contre son abdomen.

 

Par exemple, Salticide est capable de produire un son d'une intensité comparable aux crécelles du grillon. Sachant que les araignées n'ont pas d'organe purement auditif comme les insectes, elles perçoivent néanmoins les sons aériens avec leurs trichobothries et les vibrations diffuses par des fentes sensorielles disséminées en grand nombre sur tout le corps.


  • La percussion :

 

L'araignée tapote de son pédipalpe ou de son abdomen la surface sur laquelle elle se tient. Ces sons sont perçus par la femelle grâce aux vibrations transmises par le sol.

 

Par exemple, le mâle Cupiennius salei (araignée vagabonde nocturne vivant dans les bananiers et les agaves) perçoit un substrat (fil de soie) d'une femelle adulte. Il tambourine des palpes et oscille de l'abdomen ce qui produit des vibrations transmises par la plante et auxquelles la femelle répond, même si elle se trouve sur une feuille différente. Il s'établit alors une communication vibratoire.

 

Ce type d'émission sonore est présente surtout chez les espèces qui ne font pas de toile comme Salticidae, Pisauridae et Lycosidae.

 

Les araignées fileuses quant à elles, sont capables de différencier divers ébranlements de leurs constructions soyeuses. La chute d'une proie dans la toile et ses mouvements sont à l'origine de phénomène vibratoire transmis par la soie et qui permettent sa détection. En effet, les vibrations engendrées par une proie sont entre 5 et 500 Hz, ce qui suscité chez l'araignée un comportement prédateur. Les vibrations engendrées par l'arrivée d'un congénère sont entre 4 et 200 Hz, à l'origine de comportements d'agression ou sexuels.

 

Une proie immobile peut être aussi localisée, l'araignée imprime une secousse à la toile qui entraîne un mouvement de balancement de la proie permettant ainsi son repérage.

 

Autre exemple de communication vibratoire, rencontré dans un comportement d'intimidation chez Agelenides qui changent de site environ une fois par mois. L'araignée à la recherche d'un nouveau site de construction tente parfois de s'approprier la toile d'une congénère , ce qui provoque des interactions fréquentes qui sont gérées par des signaux vibratoires.

 

Dés l'arrivée de l'intruse, la propriétaire émet des signaux vibratoires, en tiraillant les fils de sa toile, auxquels l'étrangère répond par des signaux de même nature. Le plus souvent ce dialogue suffit à faire fuir l'une des deux (sachant que la propriétaire est plus tenace et a plus de chances de gagner si l'emplacement de sa toile est particulièrement rentable).

 

Les mouvements vibratoires sont aussi utilisé par les mâles. Au contact de la toile femelle, ils émettent des signaux vibratoires. Chez tegeneria pagana, c'est une succession de tractions, de secousses, de sursauts, de vibrations d'abdomen et de déplacements organisés en séquence répétitives.

 

Ces signaux spécifiques et véritablement codés permettent aux femelles de différencier un mâle d'une quelconque proie et donc de se préparer à l'accouplement si elles sont réceptives, dans le cas contraire le mâle est agressé.

 

dessin humouristique sur les araignées


La communication tacto-chimique


C'est une communication chimique à distance ou olfactive surtout connue dans le cadre du rapprochement des sexes.


En effet, si on force une femelle a parcourir à l'aide d'un couloir, un trajet rectiligne dans une enceinte, on constate après le retrait du couloir que le mâle suit ce même trajet.


Le trajet de la femelle est suivi par 75 % des mâles. Le signal est donc de nature sexuel.


Lorsqu'une femelle se déplace, elle laisse derrière elle un fil de cheminement, si l'on enlève ce fil de cheminement, le mâle perd toute possibilité de s'orienter.


Les araignées produisent des phéromones volatiles, des phéromones de contact déposées sur la soie et sur la cuticule.


Un mâle développe un comportement bien distinct lorsqu'il est en présence d'une femelle réceptive ou non réceptive et de leurs toiles.


Les femelles réceptives se différencient des non réceptives au niveau de six composés chimiques présents à la fois sur la toile et la cuticule : l'acide hexadécanoique, l'acide octadécadiénoique, l'acide octadécénoque, le palmitate de méthyle, l'octadécanoate de méthyle et le n-tricosane.


Concernant les phéromones volatiles liées à la soie, en exemple, les femelles Linyphides (espèces solitaires) construisent des toiles horizontales. Sur le bord de la nappe, elles déposent des bornes chimiques lorsqu'elles sont en période de réceptivité sexuelle.


Lorsqu'un mâle arrive, il découpe et détruit la toile de la femelle pendant environ 15 minutes et ce n'est qu'après qu'il fait sa cour. Le comportement sexuel finit 5 heures après, puis la femelle reconstruit alors sa toile mais ne dépose plus de bornes olfactives.


La destruction de la toile diminue les chances de faire découvrir la femelle par d'autres mâles et ainsi diminue la compétition intraspécifique.


Remarque : Les organes de perceptions des phéromones sont des sensilles chémorécepteurs localisés en particulier au niveau des pièces buccales, des pattes et des pédipalpes.


La communication tacto-chimique est aussi très présente au sein du mécanisme de tolérance entre congénères. En effet, lorsqu'une proie est prise au piège, une horde d'araignées se précipite, l'encercle, la tue et la porte dans le nid pour s'en nourrir. Une véritable organisation s'est donc formée au sein d'un grand nombre d'individus. Mais le plus surprenant c'est qu'il n'y a jamais morsure entre les araignées. La présence d'une phéromone tégumentaire inhibant les morsures réciproques serait à l'origine de ce phénomène.


Cette tolérance existe chez toutes les espèces pendant la brève phase grégaire qui suit l'émergence des jeunes.

 

LES COMPORTEMENTS DES ARAIGNEES

BIBLIOGRAPHIE

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